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Avis et communiqués

L’importance des élus scolaires

COMMUNIQUÉ DE LA PRÉSIDENTE DE LA CSL

Sainte-Agathe-des-Monts – le 23 juin 2015. – Comme vous le savez certainement, le ministre Blais se propose de déposer à l’automne prochain un projet de loi pour abolir les élections scolaires. Rappelons que le Québec d’aujourd’hui s’est bâti sur la démocratie locale et les commissions scolaires en furent la toute première démonstration et ce, bien avant les municipalités. C’est Monsieur Jacques Parizeau, alors fonctionnaire, qui a mis en œuvre le Ministère de l’Éducation. Il savait et il répétait alors que l’éducation, c’est l’avenir d’un peuple. Le ministre qui abolira les élus scolaires ainsi que tous ceux qui le suivront, passera à l’histoire, comme un ministre ayant de l’éducation une vision technocrate et à l’idéologie néolibérale. Les décisions concernant la réussite scolaire des enfants seront prises au Complexe G plutôt que dans leur village, leur ville. Que deviendront les régions? Je pense qu’on juge un gouvernement par le soin qu’il apporte à l’éducation de la génération montante. Les élus scolaires en éducation, c’est le rempart contre l’ignorance.

Les élus scolaires sont dévoués à leur fonction. Ce sont des personnes de proximité à qui les citoyens peuvent parler facilement : leur mission, c’est l’éducation. Ils permettent une meilleure participation citoyenne dans les décisions qui concernent les élèves, leurs parents et les employeurs de la région. Qu’arrivera-t-il si le gouvernement met en place un conseil d’administration nommé avec des représentants qui défendent leurs intérêts particuliers, source de conflits d’intérêts potentiels. Quelles seront les dérives ? Les élèves perdront-ils l’utilisation prioritaire de leur gymnase au profit de la municipalité ? Le transport scolaire sécuritaire par autobus jaune va-t-il disparaître pour être intégré au transport municipal ou inter municipal pour renflouer financièrement les sociétés de transport ? Et qu’en sera-t-il plus précisément du transport scolaire en région éloignée. L’autobus scolaire va chercher chaque enfant du territoire à son adresse personnelle sur ou près d’un chemin public, un transport à la  « carte ». Sur notre vaste territoire de 3 200 kilomètres carrés, nos autobus déploient 750 parcours et parcourent 20 000 kilomètres par jour de classe.

A qui les parents vont-ils s’adresser pour le transfert de leurs enfants vers une autre école ou quand l’avenir d’une petite école sera menacé? Aux directions d’école dont la mission première est la pédagogie? Aux maires de nos municipalités, il y en a 32 sur notre territoire? Qui va répondre aux parents? A moins que ce soit les députés? Que restera-t-il du lien de proximité avec les parents, que sont les élus scolaires? Quel système d’éducation voulons-nous au Québec? Les élus scolaires, eux sont redevables à la population. Celle-ci paie des taxes et ces dernières doivent exclusivement servir à éduquer les jeunes du Québec pour une accessibilité et une équité à la grandeur du territoire.

Nous continuons de croire que l’éducation publique doit appartenir à la population et non être à la merci de possibles nominations partisanes par le gouvernement. C’est la population qui va sanctionner ce qu’elle souhaite pour le Québec. Nous savons tous qu’il existe une solution au faible taux de participation aux élections scolaires, c’est de les tenir simultanément avec les élections municipales. Cela se fait présentement dans les provinces anglaises, aux États-Unis, pourquoi pas au Québec? D’ailleurs, un sondage Som réalisé auprès des parents prouve que ceux-ci à 59 % sont pour le maintien des élus scolaires et sont favorables à la tenue d’élections scolaires et municipales simultanées. Le ministre, lui, affirme que les parents veulent les changements de structure proposés. C’est pourtant la réussite de leurs enfants qui les préoccupent. A la CSL, notre taux de diplomation a bondi de 15 % et nous avons atteint notre cible de décrocheurs une année avant la date prévue. L’imposture dans laquelle nous sommes plongés découle d’une élection basée sur un programme libéral auquel on a substitué le programme d’un autre parti politique.

A qui va profiter tout ce chambardement qui est en train de démotiver tout le monde de l’éducation? En nous désavouant publiquement, le gouvernement nous fragilise et crée le chaos de sorte que tout un chacun devient un expert, met en doute notre légitimité, se positionne pour nous remplacer, court-circuite nos efforts et gruge nos énergies. Nous voulons continuer à nous investir là où il le faut c’est-à-dire dans la réussite des élèves.

Le gouvernement ne veut plus d’élus scolaires qui viennent contredire son discours des cinq dernières années voulant que la baisse du financement et les coupures en éducation puissent se faire sans toucher aux services aux élèves. Le ministre prend prétexte de la baisse du taux de participation aux élections qu’il a lui-même suscité par sa publicité négative et le chiche budget publicitaire consenti alors que ce qu’il souhaite au fond c’est de museler le pouvoir local. Il veut être le seul maître à bord comme en santé.

Nous sommes inquiets car pour nous l’abolition des élus scolaires, c’est la propagation du « mur à mur » en éducation. C’est la fin de la recherche de solutions locales en éducation publique. C’est la disparition des régions. Fini les chances égales pour tous de recevoir une éducation de qualité au Québec. C’est la promotion de l’école privée et c’est priver les parents du Québec d’un des meilleurs systèmes publics d’éducation au monde, classé au 9e rang selon l’OCDE.

Les gens n’auront plus leur mot à dire pour les services qu’ils recevront. Les parents ont le droit de savoir ce qu’ils risquent de perdre. Pendant que plusieurs pays essaient de trouver des solutions à la décentralisation du pouvoir de l’état (France), nous, au Québec, on aurait trouvé une solution miracle pour diminuer les dépenses publiques en éducation? Ça m’étonnerait .La combinaison actuelle parents/commissaires élus nous semble une meilleure garantie qu’un conseil d’administration nommé par le ministre surtout que ce ministère, celui ayant le plus besoin de stabilité, change de titulaire et de nom à la vitesse grand V.

Comme nous aimons le rappeler, les frais d’administration des commissions scolaires sont de 4,2 % en moyenne, le taux le plus bas de tous les organismes publics du Québec. Au lieu de reconnaître notre excellente performance et notre compétence en éducation, on veut nous mettre à la porte, pour nous remplacer par quoi? Et surtout par qui?

Les élus scolaires veulent construire au lieu d’abolir, dans un dialogue qu’ils souhaitent transparent avec le gouvernement. À l’automne, nous sommes prêts à débattre publiquement avec nos partenaires, les parents, le personnel du réseau scolaire et toute la population pour l’avenir de tous les élèves qui méritent de s’épanouir dans un système d’éducation démocratique. Il y va de l’avenir du Québec !

 

GISÈLE GODREAU

Présidente de la Commissions scolaire des Laurentides

 

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Source :
Gisèle Godreau
Présidente
Commission scolaire des Laurentides
godreaug@cslaurentides.qc.ca

 


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