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Avis et communiqués

Réaction de la Commission scolaire des Laurentides aux fusions des commissions scolaires

Sainte-Agathe-des-Monts, le 25 novembre 2014 – La présidente de la Commission scolaire des Laurentides et porte-parole officielle, madame Gisèle Godreau, émet le présent communiqué pour faire connaître la position de la Commission scolaire dans le dossier des fusions des commissions scolaires.

Nous prenons acte de l’intention du gouvernement de fusionner des commissions scolaires.

Advenant que cette orientation se concrétise nous collaborerons à sa mise en oeuvre mais veillerons à ce que cette démarche demeure respectueuse des ententes existantes ou à conclure et surtout de la mission éducative de nos organisations.

Par ailleurs, il est de notre devoir de signifier au gouvernement les écueils de la proposition qui concerne plus particulièrement la Commission scolaire des Laurentides qui serait fusionnée avec les commissions scolaires de la Rivière du Nord et Pierre-Neveu. Dans cette perspective nous ne nous attarderons pas seulement aux embûches de toute restructuration pour plutôt analyser les iniquités qu’entraine un tel scénario pour les élèves, pour les équipes qui leur assurent les services auxquels ils ont droit et pour la démocratie.

Nous nous interrogerons en effet sur les capacités d’une organisation qui devra desservir jusqu’à 65 municipalités, 79 écoles logées souvent dans plus d’un immeuble et 10 centres de formation générale des adultes ou de formation professionnelle de réaliser sa mission éducative. Alors que la Loi qui gouverne les commissions scolaires définit leurs missions, impose des buts et des objectifs à atteindre selon leurs caractéristiques propres, comment pourrions-nous répondre aux défis et travailler en fonctions des facteurs de risque que présentent un si grand nombre de communautés distinctes dont l’étalement est tant urbain que rural avec une disparité socio-démographique si importante, si elles sont ainsi amalgamées.

Nous questionnerons les coûts rattachés à la réunion de trois commissions scolaires qui occupent déjà quatre centres administratifs, qui veillent aux conditions de travail de plus de dix syndicats et de plusieurs conventions collectives locales, de six associations de cadres différentes, de trois réseaux de transport scolaire parcourant quotidiennement 54 000 kilomètres et qui orchestrent les interventions de multiples équipes de professionnels pour 37 000 élèves du secteur des jeunes, alors que le territoire à desservir couvrira plus de 21 000 kilomètres carrés. À titre de comparaison, référons-nous au territoire de la Commission scolaire de Laval qui est de 246 km carrés. Cette Commission scolaire scolarise 38 000 élèves sur un territoire cent fois plus petit. Comment s’articulerait la mobilité des élèves, celle de la main d’oeuvre et de l’expertise requise en services directs à l’élève sur une telle distance? Alors que déjà les ententes avec les partenaires sont différentes selon les territoires et les caractéristiques des populations desservies, comment seront appliquées et déployées des ententes multipliées et sectaires?

Tant de questions n’ont pas été abordées! Que vise vraiment la fusion des commissions scolaires? Et s’il s’agissait de mettre en place des écoles plus autonomes en faveur de qui s’opèrerait la décentralisation des services éducatifs, quelles seront les réponses aux droits des élèves de recevoir des services complémentaires spécialisés ou celles que recevront les enseignants lorsqu’ils doivent consulter et intervenir de concert avec des professionnels tels les conseillers pédagogiques, les psychologues, les psychoéducateurs, les conseillers en rééducation ou les orthophonistes déjà en pénurie au niveau régional? Comment concilier la ligne de gouvernance établie par le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport qui exige que chaque établissement contribue à l’atteinte des buts et des objectifs à atteindre par la Commission scolaire si les moyens ne sont plus unifiés? Comment développer localement des services à la hauteur de ceux offerts sur une base centralisée? Il apparaît paradoxal de préconiser une fusion des commissions scolaires mais de décentraliser au niveau de chaque école les services à l’élève. Ce modèle, tenté par plusieurs commissions scolaires, a déjà échoué. Comment seront dispensés les services spécialisés devant être regroupés en raison des ratios qu’imposent les besoins de certains élèves? Il semble par ailleurs irréaliste de priver les directions d’école qui seraient seules maîtres à bord, de l’expertise spécialisée notamment en technologies de l’information et de la communication, en gestion contractuelle, en entretien et aménagement des immeubles, en gestion des conventions collectives.

De plus, comment pouvons-nous aveuglément suivre la nouvelle voie tracée par le gouvernement sans remettre en cause les fondements du nouveau découpage du territoire québécois scolaire alors que des commissions scolaires de même taille ou présentant les mêmes caractéristiques ne sont pas fusionnées ou ne reçoivent pas le même traitement et qu’ainsi ne nous apparaît pas de fil conducteur cohérent.

S’impose par conséquent un exercice rigoureux d’analyse afin d’éclairer les élus provinciaux. Les commissions scolaires sont et demeurent des gouvernements locaux à qui la Loi reconnaît et impose des obligations. Les dirigeants de la Commission scolaire des Laurentides entendent acquitter leur devoir au nom des élèves et des citoyens qu’ils représentent. Nous accepterons par conséquent l’invitation du ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport de lui faire part de notre analyse de la situation, de nos préoccupations et de nos propositions avant le 18 décembre.



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Source :
Gisèle Godreau
Présidente
Commission scolaire des Laurentides
godreaug@cslaurentides.qc.ca


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